Maria KORDEVA

L’État de droit : crise de définitions

Pouvoirs n°193 - avril 2025 - Qui en veut à l'État de droit ? - p.7-20

S’il n’est pas difficile de situer la naissance du concept de Rechtsstaat en Allemagne, il n’est en revanche pas aisé de le suivre à la trace lors de ses importations, ses traductions, ses transformations. Objet de tous les fantasmes, l’État de droit recouvre des réalités bien différentes, parfois inconciliables au regard de son histoire sinueuse : on y inclut la soumission de l’État au droit, la séparation des pouvoirs, la protection des droits, l’indépendance des juges, et même le principe démocratique. Notion-éventail se dépliant à l’infini et exerçant un pouvoir enchanteur sur les juristes, les responsables politiques et les
journalistes, l’État de droit est partout. C’est sans doute sa définition instable, au contenu incertain, qui est à l’origine de ce succès et qui laisse sans réponse satisfaisante la question de savoir comment penser le label « État de droit » dans les systèmes démocratiques et libéraux contemporains.

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