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Madagascar

Pouvoirs n°130 - 1er janvier - 31 mars 2009

Janvier 2009. Crise politique. L’opposition entre le maire d’Antananarivo, Andry Rajoelina, 34 ans, qui a fait fortune dans la communication, et le président Marc Ravalomanana, 60 ans, au pouvoir depuis le 22 février 2002, s’accentue en raison des dérives autoritaires du chef de l’État.
L’opposition est venue lorsqu’un contrat a été conclu avec la société sud-coréenne Daewoo Logistics pour exploiter 1,3 million d’hectares. Or le rapport à la terre est très fort à Madagascar.
Le maire boycotte la cérémonie des vœux présidentiels et lance un ultimatum au pouvoir pour obtenir la réouverture de sa chaîne de télévision privée Viva, interdite par le gouvernement depuis le 14 décembre. Le 17 janvier, il réunit 30 000 personnes lors de l’inauguration de la « Place de la démocratie ». En réaction, le gouvernement démantèle l’émetteur de Viva.
Le maire d’Antananarivo appelle à la grève générale. Le 26 janvier, une manifestation dans la capitale tourne à l’émeute, faisant au moins 8 morts. La radio nationale est incendiée. Le lendemain, pillages et incendies font 37 morts.
Le 31 janvier, le maire d’Antananarivo se proclame en charge des affaires du pays. Le 2 février, il engage une procédure de destitution du président Ravalomanana auprès de la Haute Cour constitutionnelle. La réaction du président est la destitution du maire par le ministre de l’Intérieur le 3 février.
Le 10 février, Andry Rajoelina désigne quatre « ministres » et appelle à une opération « ville morte ».
Manifestations et contre-manifestations se multiplient, faisant de nombreux morts.
La tenue d’un rassemblement des partisans d’Andry Rajoelina est interdite le 4 mars. Le président Ravalomanana affirme qu’il a « décidé de rétablir l’ordre ». Un nouveau rassemblement est empêché le 5 mars. Le maire se réfugie en lieu sûr et appelle à un élargissement du dialogue. Il est placé sous la protection des Nations unies dans une résidence diplomatique, selon un médiateur de l’onu. Le 6 mars, Andry Rajoelina se réfugie dans la résidence de l’ambassadeur de France.
Le 10 mars, le chef d’état-major, le général Rasolofomahandry fixe un ultimatum de 72 heures aux « décideurs politiques » pour mettre fin à la crise. Dans un geste de défiance, l’armée nomme un nouveau chef d’état-major, le colonel André Andriarijoana. Le ministre de la Défense Mamy Ranaivoniarivo démissionne le 10 mars.
Le 16 mars, l’armée prend le contrôle des bureaux de la présidence à Antananarivo, le président Ravalomanana étant retranché dans son palais d’Iavoloha à une quinzaine de kilomètres de la capitale.
Le 17 mars le président Marc Ravalomanana démissionne par une ordonnance conférant les pleins pouvoirs à un directoire militaire dirigé par l’officier le plus ancien dans le grade le plus élevé, le vice-amiral Hippolyte Ramaroson, 58 ans. Puis, les membres de ce directoire transférèrent eux-mêmes le pouvoir à Andry Rajoelina qui s’est autoproclamé président d’une Haute Autorité de transition. Ces deux ordonnances sont validées par la Haute Cour constitutionnelle, le 18 mars, confirmant la durée de 24 mois pour la transition. Ceci est contraire à la Constitution car c’est le président du Sénat qui aurait dû assurer l’intérim.
Monja Roindefo, 44 ans, qu’Andry Rajoelina avait nommé le 7 février, remplace effectivement Charles Rabemananjara, 62 ans, au poste de Premier ministre que celui-ci détenait depuis le 20 janvier 2007.
Andry Rajoelina prête serment le 21 mars.
Le 31 mars, Andry Rajoelina désigne les membres de la Haute Autorité de transition.
Le déroulement des événements suscite la désapprobation de la communauté internationale, notamment de l’Union européenne, qui dénonce un « coup d’État », et de l’Union africaine, qui juge le régime anticonstitutionnel. La Communauté de développement d’Afrique australe (sadc) exclut Madagascar de son organisation « jusqu’au retour de l’ordre constitutionnel » et exige que le président Ravalomanana revienne au pouvoir.

Référence électonique : "Pouvoirs n°130 - 1er janvier - 31 mars 2009". Consulté le 25 août 2019 sur le site de Pouvoirs, revue française d’études constitutionnelles et politiques. URL : https://revue-pouvoirs.fr/Pouvoirs-no130-1er-janvier-31-mars,1788.html