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Japon

Pouvoirs n°128 - 1er juillet - 30 septembre 2008

24 septembre 2008. Premier ministre. Ayant déjà une très faible popularité, le Premier ministre Yasuo Fukuda affronte de nouvelles difficultés. Le 1er août, il annonce un remaniement de son gouvernement alors que celui-ci est touché par un scandale relatif au ministère de la Défense. Naoki Akiyama, au cœur des réseaux entre monde politique et industries de la défense, est arrêté. L’affaire met en cause Yamada Corp., société jouant le rôle d’intermédiaire entre les entreprises de défense et le ministère. Déjà en novembre 2007 le vice-ministre de la défense Takemasa Moriya avait été arrêté pour avoir touché des pots-de-vin d’un ancien haut responsable de Tamada. Les noms de l’ancien ministre de la Défense, Fumio Kyuma, et du ministre des Finances, Fukushiro Nukaga, sont cités.
Pour s’assurer du soutien de toutes les factions de son parti, il nomme son rival Taro Aso au poste de numéro deux du Parti libéral démocrate (Pld). C’est un bouleversement. Quatre ministres seulement conservent leur poste dont le ministre des Affaires étrangères Masahiko Koumura. Diverses personnalités reviennent dont l’ancien ministre de la Politique économique et fiscale, Kaoru Yosano, qui retrouve ce portefeuille. L’ex-secrétaire général du Pld, Bunmei Ibuki, devient ministre des Finances. Deux femmes très populaires sont nommées. Seiko Soda prend la tête de l’Agence de protection des consommateurs et Kyoko Nakayama sera en charge du dossier des enlèvements de Japonais par des agents nord-coréens. Enfin, le ministère de la Défense, par lequel le scandale est arrivé, échoit à Yoshimasa Hayashi, 47 ans, ce qui est jeune au Japon. L’objectif est à la fois de mener à bien les réformes et de préparer les élections de 2009.
Le 1er septembre, Yasuo Fukuda démissionne, estimant ne pas pouvoir mener les réformes promises en raison de l’effondrement de sa popularité. Le secrétaire général du Parti libéral démocrate, Taro Aso, 68 ans, petit-fils du Premier ministre au lendemain de la reddition du Japon, intransigeant à l’égard de Pékin et Séoul, appartenant à une famille catholique, se dit prêt, mais on évoque aussi la candidature d’une ancienne ministre de la Défense, Yuriko Koike, 56 ans, proche de l’ancien Premier ministre Koizumi et de ses positions néolibérales. Elle serait la première femme Premier ministre au Japon. Il y a trois autres candidats, ce qui est un record. Parmi ceux-ci, Kaoru Yosano, 60 ans, chrétien, favorable au déplacement des restes des criminels de guerre du sanctuaire Yasukuni, objet de tension avec la Chine et la Corée du Sud.
Le 22 septembre, Taro Francisco Aso, ancien ministre des Affaires étrangères, est désigné à une large majorité par le Pld par 351 voix sur 527. L’élection est faite par les parlementaires et les représentants des instances régionales. Le 24 septembre, Yasuo Fukuda formalise sa démission. La Chambre des représentants élit Taro Aso par 337 voix contre 117 à Ichiro Ozawa (Parti démocratique du Japon). La Chambre des conseillers accorde 125 voix à Ichiro Ozawa contre 108 à Taro Aso, mais c’est le vote des représentants qui s’impose.
Le cabinet comporte 17 membres parmi lesquels deux femmes dont Yuko Obuchi, 34 ans, ministre des Affaires sociales, fille d’un ancien Premier ministre.
La vie politique connaît un tournant. Junichiro Koizumi, 66 ans, ancien Premier ministre de 2001 à 2006, populiste, qui a engagé le Japon en Afghanistan et qui fréquentait régulièrement le sanctuaire Yasukuni, quitte la scène politique. La politique qu’il a menée est critiquée par Taro Aso.

Référence électonique : "Pouvoirs n°128 - 1er juillet - 30 septembre 2008". Consulté le 21 mai 2022 sur le site de Pouvoirs, revue française d’études constitutionnelles et politiques. URL : https://revue-pouvoirs.fr/Pouvoirs-no128-1er-juillet-30,1738.html

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