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Etats-Unis

Pouvoirs n°128 - 1er juillet - 30 septembre 2008

Juillet-septembre 2008. Élection présidentielle. Le 10 juillet, le pasteur Jesse Jackson présente ses excuses à Barack Obama suite à des « propos grossiers » enregistrés à son insu par une télévision.
Du 18 au 25 juillet, Barack Obama effectue une tournée en Europe. Il souhaitait tenir un meeting électoral devant la porte de Brandebourg, ce à quoi s’est opposée la chancelière Angela Merkel alors que le ministre Spd des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, y était favorable. Il prononce un discours à Berlin devant deux cent mille personnes.
À Paris, fin de sa tournée, il est reçu chaleureusement par le président Sarkozy pendant une heure, alors qu’en mars l’accueil réservé à John McCain avait été plus sobre.

Août 2008. Convention nationale démocrate à Denver. Cette convention réunit 4 322 délégués au centre de congrès Pepsi. Deux jours avant, Barack Obama révèle le choix de son colistier pour le poste de vice-président. Il s’agit du sénateur du Delaware Joseph Biden, 65 ans, catholique, président de la commission des affaires étrangères, parlementaire chevronné siégeant depuis 1972. Il s’était rapidement retiré des primaires démocrates. Le choix de Barack Obama apparaît judicieux.
Le 25 août, le discours du sénateur Edward Kennedy est un grand moment d’émotion. L’épouse de Barack Obama prononce un discours qui était très attendu.
La police arrête à Denver trois hommes soupçonnés de vouloir commettre un attentat contre Barack Obama.
Le 26 août, dans un discours remarqué, Hillary Clinton apporte son soutien à Barack Obama. Le 27 août, Barack Obama est proclamé candidat du Parti démocrate après avoir été élu par acclamations sur proposition d’Hillary Clinton, ce qui évite de manifester des divisions.

Septembre. Convention républicaine à Minneapolis-Saint-Paul. Au moment où s’achève la convention démocrate, John McCain annonce le choix de la candidate à la vice-présidence. C’est une surprise. Il propose la gouverneure de l’Alaska, Sarah Palin, 44 ans, représentante de l’aile conservatrice, considérée comme appartenant au christianisme « post-confessionnel ». Première femme gouverneure de cet État, elle a été aussi la plus jeune candidate à accéder à ce poste. Hostile à l’avortement, elle est favorable à des forages pétroliers dans la réserve arctique, membre de la National Rifle Association (Nra), mère d’un fils qui va être envoyé en Irak. En 1984, Walter Mondale, candidat démocrate, avait choisi une femme, Geraldine Ferraro.
Cette convention est perturbée par l’ouragan Gustav. Le président Bush et le vice-président Cheney annulent leurs discours prévus le premier jour. Il est vrai que cet ouragan rappelle fâcheusement l’inaction ou l’indifférence de George W. Bush lors de l’ouragan Katrina en 2005. L’annonce que la fille de la candidate à la vice-présidence, célibataire et âgée de 17 ans, est enceinte alors que sa mère prône l’abstinence sexuelle suscite quelques débats.
La convention désigne sans surprise le 3 septembre John McCain comme candidat avec Sarah Palin pour la vice-présidence. Le lendemain John McCain accepte la proposition. Il se présente comme le candidat du changement et moins à droite que sa colistière.
L’image de Sarah Palin se brouille car elle est soupçonnée d’avoir licencié abusivement le chef de la sécurité publique d’Alaska pour des raisons privées et de nommer des proches au sein de son administration.
Le 24 septembre, en raison de la crise financière, John McCain annonce la suspension de sa campagne et demande un report du débat du 26 septembre. Les deux candidats ont publié un communiqué commun sur la crise.
Le 26 septembre, le premier débat entre les candidats démocrate et républicain a lieu malgré tout à Oxford (Mississippi). Il semble qu’aucun candidat n’ait réussi à prendre l’avantage même si un sondage Gallup estime que Barack Obama l’a emporté.

20 juin et 10 juillet 2008. Écoutes téléphoniques. Un compromis intervient à la Chambre des représentants sur les écoutes antiterroristes. L’opposition dénonçait l’immunité accordée aux sociétés de télécommunications ayant collaboré avec le gouvernement sans intervention d’un juge, suite aux événements du 11 septembre 2001.
La loi accorde l’immunité aux compagnies qui ont contribué ou contribuent aux écoutes sur instruction du gouvernement. Pour obtenir cette immunité, les autorités disposent désormais d’une semaine après le début d’une surveillance et non plus de soixante-douze heures.

15 juillet 2008. Guantanamo. La diffusion d’un enregistrement vidéo de l’interrogatoire d’Omar Khadr par ses avocats suscite un débat au Canada. Citoyen canadien, arrêté en 2002 en Afghanistan, accusé du meurtre d’un soldat américain, il avait reçu, à Guantanamo, des agents des services de renseignement canadiens qu’il croyait venus l’aider. Or ceux-ci l’avaient interrogé de façon humiliante sur Al-Qaïda et sur sa foi. L’opposition canadienne demande le rapatriement du prisonnier au Canada.

16 juillet 2008. Cij. La Cij ordonne aux États-Unis de suspendre l’exécution de cinq ressortissants mexicains qu’ils ont condamnés à mort. Cependant le Texas estime que la décision de la Cij ne s’impose pas à lui car la Cour suprême a estimé que même le président ne pouvait imposer aux États de respecter le droit international. Si le Texas procédait à des exécutions, cela placerait les autorités fédérales dans une situation scandaleuse sur le plan international.
Le 5 août, en visite à Mexico, le secrétaire général de l’Onu exige le respect de la décision de la Cij de surseoir à l’exécution de José Ernesto Meddlin, condamné à mort pour viol et meurtre en 1993 au Texas, prévue ce même jour. Il est pourtant exécuté en violation du droit international.
Le 7 août, un Hondurien, Heliberto Chi, condamné pour un meurtre au cours d’un braquage, est exécuté après le rejet d’un recours de dernière minute par la Cour suprême où avait été invoqué un traité honduro-américain.

28 juillet 2008. Peine de mort. On pouvait espérer que la peine disparaîtrait au moins au niveau fédéral. Malheureusement il n’en est rien. Le 28 juillet, le président Bush autorise l’exécution d’un soldat condamné à la peine de mort il y a vingt ans (!) par une cour martiale de Fort Bragg en Caroline du Nord pour deux meurtres, une tentative de meurtre et trois viols. Les membres des forces armées condamnés à mort par une juridiction militaire ne peuvent être exécutés qu’après autorisation du président. Le dernier cas d’exécution remontait à 1961. En 1957, le président Eisenhower avait autorisé l’exécution d’un homme condamné pour avoir violé et tenté de tuer une fillette en Autriche ; le soldat John Bennett avait été pendu quatre ans après. Confronté au même problème, John Kennedy avait préféré commuer en 1962 la peine de mort prononcée contre un marin de la Navy en prison à perpétuité.

Juillet 2008. Afro-Américains. Les parlementaires américains présentent les premières excuses formelles pour « la fondamentale injustice, la cruauté, la brutalité et l’inhumanité » de l’esclavage et de la ségrégation raciale envers les Afro-Américains.

Juillet-septembre 2008. Économie. La crise grave qui affecte l’économie américaine, et notamment le secteur immobilier, conduit le président Bush à décider un plan de sauvetage. Les propriétaires dans l’incapacité de rembourser leurs emprunts vont pouvoir les refinancer. L’administration du logement bénéficiera d’un fonds d’un maximum de 300 milliards de dollars. Les deux grands organismes privés de refinancement hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac sont placés le 7 septembre sous l’autorité d’une nouvelle structure publique. Ce sont les démocrates qui ont imposé ce plan approuvé par ailleurs par le Fmi.
Mais l’administration Bush se refuse à intervenir dans le sauvetage de la banque Lehman Brothers, quatrième banque d’affaires américaine. Le 15 septembre, elle se place sous Chapter 11, loi américaine de protection sur les faillites. Le même jour, la banque Merrill Lynch est rachetée par Bank of America pour 50 milliards de dollars. Le 16 septembre, la Fed et le gouvernement des États-Unis décident de sauver l’assureur Aig menacé de faillite en échange de 79,9 % de son capital.
Le 19 septembre, George W. Bush et le secrétaire au Trésor Henry Paulson confirment qu’ils sont prêts à dépenser « des centaines de milliards de dollars du contribuable » pour aider les investisseurs (banques, assurances, etc.) à se débarrasser de leurs actifs « toxiques ».
Les marchés réagissent de façon très positive aux mesures américaines. Le plan de sauvetage se monte à 700 milliards de dollars… Il suscite des réserves de la part de certains parlementaires quant à sa mise en œuvre. Le 21 septembre, le Trésor précise son plan de rachat des actifs toxiques des banques à hauteur de 700 milliards de dollars.
Inhabituel, George W. Bush invite les deux candidats à la Maison-Blanche le 25 septembre pour discuter de son plan. Ceux-ci lancent un appel commun.
Le 26 septembre, le transfert, avec l’aide des autorités fédérales, à la banque JP Morgan Chase & Co pour 1,9 milliard de dollars des actifs de la caisse d’épargne Washington Mutual est la marque de la plus importante faillite jamais survenue dans le secteur bancaire.
Le 28 septembre, le plan de sauvetage semble faire l’objet d’un accord au Congrès. Pourtant c’est la stupeur le 29 septembre lorsque la Chambre des représentants refuse le plan Paulson par 228 voix contre 205 favorables. La proximité des élections explique le comportement prudent des congressmen car l’opinion publique est hostile au plan.
Le 29 septembre, Citigroup prend le contrôle de Wachovia.
La crise touche à son tour l’Europe. La grande banque belgo-néerlando-luxembourgeoise Fortis connaît de grandes difficultés et son directeur démissionne le 26 septembre, la banque ayant succombé aux subprimes. La banque est renflouée le 28 pour 11,2 milliards d’euros par les autorités belges, néerlandaises et luxembourgeoises. L’inquiétude est également forte au Royaume-Uni où le 28 septembre la banque Bradford et Bingley est nationalisée.
L’État fédéral s’allie le 29 septembre à un consortium de banques allemandes pour aider la banque Hypo Real Estate. 35 milliards d’euros sont accordés en urgence.
Les députés belges veulent enquêter sur les responsabilités dans la situation de Fortis et de Dexia.

Référence électonique : "Pouvoirs n°128 - 1er juillet - 30 septembre 2008". Consulté le 8 décembre 2019 sur le site de Pouvoirs, revue française d’études constitutionnelles et politiques. URL : https://revue-pouvoirs.fr/Pouvoirs-no128-1er-juillet-30,1735.html

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