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Autriche

Pouvoirs n°128 - 1er juillet - 30 septembre 2008

1er juillet 2008. Gouvernement. Le gouvernement a été remanié après le départ du ministre de l’Intérieur, Günther Platter (Övp), 54 ans, à ce poste depuis le 11 janvier 2007, qui devient chef du gouvernement tyrolien. Il est remplacé par Maria Fakter (Övp), 52 ans. Par ailleurs, Doris Bures (Spö), ministre chargée des femmes, a quitté le gouvernement pour assumer le poste de secrétaire général du Spö. Elle est remplacée par Heidrun Sichavy.

7 juillet 2008. Coalition. Le vice-chancelier Wilhelm Molterer, chef du parti conservateur Övp, demande des élections anticipées accusant le chancelier social-démocrate Alfred Gusenbauer d’avoir abandonné la politique commune en matière européenne, le chancelier ayant annoncé, sans avoir consulté les cadres du parti, que dorénavant les futurs traités européens seraient soumis à référendum, ou tout au moins lorsque les traités concerneront les intérêts de l’Autriche. La reprise de cette revendication, qui était celle des populistes, par la gauche est inquiétante. En outre elle est exprimée dans une lettre ouverte au Kronen Zeitung, quotidien hostile à l’Union européenne, cosignée par le ministre des Infrastructures Werner Faymann qui doit remplacer le chancelier à la tête du Spö.
La coalition éclate et des élections anticipées sont convoquées pour le 28 septembre, deux ans avant la date prévue.
Le Spö, au plus bas dans les sondages, connaît des tensions. Le 16 juin, le ministre des Transports, Werner Faymann, a remplacé le chancelier Alfred Gusenbauer à la tête du parti.
Les conservateurs affichent plus de cohésion, mais les deux partis d’extrême droite et les Verts pourraient bénéficier de cette crise.

24 septembre 2008. Référendum. Le Parlement autrichien rejette le 24 septembre une révision constitutionnelle proposée par l’extrême droite avec le soutien des sociaux-démocrates, visant à rendre obligatoire le référendum pour tout nouveau traité qui apporterait un « changement fondamental » à l’Union européenne.

28 septembre 2008. Élections législatives. Pour la première fois les jeunes de 16 ans pourront voter à l’occasion des élections législatives anticipées. C’est le premier État européen à avoir adopté cette disposition, même si l’on vote à cet âge dans le canton de Glaris en Suisse et dans cinq Länder allemands (Basse-Saxe, Schleswig-Holstein, Rhénanie- du-Nord-Westphalie, Berlin, Saxe-Anhalt pour les élections locales), ainsi qu’au Brésil, à Cuba, au Nicaragua, à l’île de Man, Jersey et Guernesey…
L’extrême droite se trouve en situation d’arbitre. Elle est pourtant divisée entre l’Alliance pour l’avenir de l’Autriche (Bzö), dirigée par Jörg Haider, Landeshauptmann (chef du gouvernement) de Carinthie, ancien leader du Parti libéral autrichien (Fpö), fondée en 2005 suite à la scission du Fpö et qui fait son retour à cette occasion sur la scène nationale, et le Fpö, dirigé par Heinz-Christian Strache. Les sociaux-démocrates ont le soutien inattendu du quotidien nationaliste et populiste Die Neue Kronen Zeitung, quotidien lu par 43 % des Autrichiens. Il est vrai que Werner Faymann, nouveau leader du Spö, a emprunté les thèmes populistes dans sa campagne.
Les membres du Conseil national sont élus au scrutin proportionnel, un seuil de 4 % étant exigé pour être représenté, excepté à Vienne et dans le Land du Vorarlberg où s’applique le scrutin majoritaire.
Les deux grandes forces politiques du pays, le Parti social-démocrate (Spö) et le Parti populaire (Övp), toutes deux membres de la coalition gouvernementale sortante dirigée par Alfred Gusenbauer (Spö), ont été sévèrement sanctionnées par les électeurs.
Si les sociaux-démocrates arrivent en tête avec 29,71 % des suffrages, bien qu’en recul de plus de 6 %, ils perdent 10 sièges par rapport aux élections du 1er octobre 2005 (58 sièges). Ils sont suivis du Parti populaire conduit par le ministre des Finances sortant Wilhelm Molterer qui obtient 25,61 % des voix et 50 sièges (-16). Le Parti social-démocrate réalise ses résultats les plus élevés dans le Burgenland (40,42 %) et à Vienne (35,78 %), le Parti populaire dépasse les 30 % dans le Vorarlberg (31,07 %), au Tyrol (30,87 %) et en Basse-Autriche (31,84 %).
Il s’agit du plus mauvais résultat des deux partis gouvernementaux depuis la Seconde Guerre mondiale.
L’événement de ce scrutin est la forte poussée de l’extrême droite qui, malgré ses divisions, réussit à talonner les sociaux-démocrates si l’on additionne les voix recueillies par le Fpö et le Bzö de Jörg Haider. Le Fpö, avec 18 % des suffrages, gagne plus de 7 points. Le parti populiste Bzö de Jörg Haider, avec 11,9 % des voix, double son score de 2006. Le total des partis dépasse le score historique de 1999 lorsque le parti de Jörg Haider avait atteint 26,9 % des voix, à égalité avec les conservateurs. L’extrême droite redevient la troisième force politique du pays. Les Verts, avec 10 % des voix, sont en léger recul par rapport aux 11,5 % d’il y a deux ans.

Référence électonique : "Pouvoirs n°128 - 1er juillet - 30 septembre 2008". Consulté le 21 octobre 2020 sur le site de Pouvoirs, revue française d’études constitutionnelles et politiques. URL : https://revue-pouvoirs.fr/Pouvoirs-no128-1er-juillet-30,1732.html

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