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Suisse

Pouvoirs n°125 - 1er octobre - 31 décembre 2007

21 octobre 2007. Élections fédérales.
5 millions d’électeurs suisses étaient
appelés aux urnes pour renouveler les
246 membres des deux chambres du
Parlement (Conseil national et Conseil
des États).
Le Conseil national comprend
200 membres élus tous les quatre ans
au système proportionnel. Chacun
des 26 cantons ou demi-cantons élit un
nombre de députés proportionnel à sa
population.
Le Conseil des États représente les
cantons ; il comprend 46 membres élus
tous les quatre ans au système majoritaire,
à l’exception du canton du Jura
(scrutin proportionnel). Si la majorité
absolue n’est pas atteinte, un deuxième
tour est prévu le 11 novembre. Il a été
nécessaire pour 10 sièges.
Le climat est très tendu en raison
de slogans xénophobes émanant de la
droite populiste (UDC).
L’UDC arrive en tête sous la houlette
de Christoph Blocher, 67 ans, milliardaire,
fils de pasteur, progressant de
deux points et accentuant son avance
sur le deuxième parti, le Parti socialiste,
qui perd 4 points. Le Parti radical démocratique
continue son déclin et obtient
15,6 % des voix avec 31 élus, le Parti
populaire chrétien-démocrate se maintient
avec 14,6 % et 31 élus et le Parti
vert progresse avec 9,6 % et 20 élus. La
participation a été de 48,9 % seulement,
ce qui est légèrement supérieur à 2003.
Cette situation met à mal le consensus
suisse.
Pour la première fois, un Noir est
élu : Ricardo Lumengo, 45 ans, socialiste,
ancien demandeur d’asile angolais
devenu juriste bernois, situation qui doit
horrifier Christoph Blocher.
La Chambre haute reste dominée par
la droite classique, l’UDC n’y recueillant
que 7 sièges contre 12 aux radicaux
démocratiques, 15 aux démocrates chrétiens,
9 aux socialistes. Les écologistes
du pes ont 2 sièges et le dernier siège va
au parti écologiste libéral zurichois.

Novembre 2007. UDC. Alfred Heer,
député UDC, droite nationaliste et xénophobe,
veut déposer une proposition de
loi visant à généraliser et à rendre obligatoire
les tests adn en cas de regroupement
familial pour 35 pays. Le test est
déjà admis sur une base volontaire.
La vague UDC gagne maintenant la
Suisse romande, pourtant plus modérée.

Novembre 2007. Peine de mort. Le
Parlement du canton de Glaris décide
de réhabiliter une femme exécutée
en 1782 pour avoir commis un crime
de « sorcellerie » contre une fillette. Le
gouvernement cantonal était hostile,
estimant que, 225 ans après, il était
difficile de prouver l’innocence d’un
condamné.

29 novembre. Président de la Confédération.
Le Conseil fédéral blanchit le
chef du département Justice et Police,
Christoph Blocher, UDC, populiste
xénophobe, accusé d’avoir violé le
principe de la séparation des pouvoirs et d’avoir outrepassé ses compétences
sur son litige avec l’ancien procureur
général Valentin Roschacher. Le rapport
du Conseil fédéral est en contradiction
avec celui de la commission de gestion
du Conseil national et avec l’avis du
juriste indépendant Georg Müller pour
qui les directives de Christoph Blocher
à propos des enquêtes en cours étaient
« inadmissibles ».
Le 12 décembre, Christoph Blocher
est écarté du Conseil fédéral. Il n’obtient
que 115 voix sur les 246 parlementaires,
contre 125 à Éveline Widmer-Schlumpf,
51 ans, avocate, une inconnue, ministre du
canton des Grisons, également membre
de l’UDC et qui n’était pas candidate. Elle
demande « une journée de réflexion » et
finit par accepter. Cela évitera que Christoph
Blocher ne se retrouve à présider la
Suisse comme cela aurait été son tour
en 2009.
C’est le résultat d’une alliance entre
gauche minoritaire et chrétiens-démocrates.
Cependant, cette exclusion risque
de faire éclater la « formule magique »
existant depuis 1959 qui voit quatre
partis – 2 socialistes, 2 radicaux, 1 démocrate-
chrétien et 2 UDC – se partager les
7 sièges du Conseil fédéral. Sans doute
les députés ont-ils entendu maintenir le
système en laissant deux sièges à l’UDC,
le second allant au très modéré chef
du département de la Défense, Samuel
Schmid, réélu comme les cinq autres
membres du gouvernement. L’UDC
annonce qu’elle passe dans l’opposition
malgré la présence de deux des siens
dans l’exécutif.
Le Parlement helvétique élit Pascal
Couchepin le 12 décembre comme président
de la Confédération à compter du
1er janvier 2008 avec 197 voix sur 210.
Le lendemain, Hans-Rudolf Ritz est
élu vice-président pour 2008 avec 193
voix sur 211. Il n’y a pas de changement
dans les portefeuilles, Éveline Widmer-
Schlumpf remplaçant Christoph Blocher
à la Justice.

Référence électonique : "Pouvoirs n°125 - 1er octobre - 31 décembre 2007". Consulté le 14 octobre 2019 sur le site de Pouvoirs, revue française d’études constitutionnelles et politiques. URL : https://revue-pouvoirs.fr/Pouvoirs-no125-1er-octobre-31,517.html

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