Pouvoirs, revue française d'études constitutionnelle et politiques

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Philippe ARDANT, Jean GICQUEL, Hugues PORTELLI

Introduction

Pouvoirs n°16 - La justice - janvier 1981 - p.3

Dans quel pays, autant qu’en France, la justice est-elle aussi constamment au c ur du débat politique ? Certes, la situation n’est pas unique : depuis le jour où le pouvoir de juger ne s’est plus réclamé d’une origine divine, il a perdu son caractère sacral et s’est exposé à être contesté. Par définition, le juge ne peut donner gain de cause à tout le monde, parfois même il ne satisfait personne. Ceux que révoltent leurs causes perdues trouvent aisément des oreilles attentives, prêtes à dénoncer les entreprises du pouvoir présentées comme responsables de ces déconvenues. A juste titre parfois.

Si en France le débat a pris un ton si vif, c’est d’abord à cause du caractère passionnel des antagonismes politiques. C’est aussi en raison des incertitudes qui entourent le système judiciaire et les relations du juge et du pouvoir.

Le juge est-il le serviteur de la loi ou crée-t-il lui-même sa propre règle ? Peut-on parler d’un pouvoir judiciaire (sinon juridictionnel, à la lumière de la décision rendue par le Conseil constitutionnel le 22 juillet 1980), d’une autorité judiciaire ou, plus modestement, de services judiciaires ? Le juge est-il soumis à sa seule conscience ou, au contraire, les pressions et interventions du Gouvernement brident-elles sa liberté ? Quelles arrière-pensées guident le législateur lorsqu’il
définit les infractions et les peines ?

Ces interrogations sur les principes appellent d’autres questions. Qui sont ces magistrats dont les actes sont scrutés avec tant d’attention ? Comment sont-ils recrutés et formés ? Comment font-ils carrière ? Comment s’organise leur travail ? Sont-ils « politisés » ? Que signifie leur syndicalisation et que veut le Syndicat de la Magistrature ? On comprend que de telles controverses ne concernent pas seulement les milieux politiques mais touchent l’ensemble des citoyens. Or, les sondages révèlent de la justice une image rébarbative et incertaine. Au-delà des opinions, ce dossier de Pouvoirs voudrait aider à la connaissance des institutions judiciaires, souvent vilipendées ou protégées, mais rarement analysées.

Référence électonique : Philippe ARDANT, Jean GICQUEL, Hugues PORTELLI, "Introduction", Pouvoirs, revue française d’études constitutionnelles et politiques, n°16, 16 - La justice, . Consulté le 2017-08-23 06:23:53 . URL : http://revue-pouvoirs.fr/Introduction,3013.html

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