Pouvoirs, revue française d'études constitutionnelle et politiques

Index des auteurs

Tous les numéros de Pouvoirs
Cliquez dans la liste pour accéder à un numéro.
Archives intégralement gratuites au-delà de 3 ans

La newsletter

version_mobile_du_site
Version mobile
groupe_facebook
Groupe Facebook
flux_rss
Flux RSS
alter_éco
Numéros papiers
lienSeuil
lienCairn

Israël

Pouvoirs n°130 - 1er janvier - 31 mars 2009

10 février 2009. Élections législatives. 33 listes sont présentées lors de ces élections, qui se déroulent à la proportionnelle intégrale à l’échelon national pour pourvoir les 120 sièges de la Knesset.
Deux formations d’extrême droite annoncent le 3 novembre 2008 leur fusion, afin de renforcer le caractère juif d’Israël et d’encourager la colonisation en Cisjordanie.

Le 8 décembre, des primaires ont lieu au Likoud. 50 000 militants, soit la moitié des membres, y participent et se prononcent en faveur des radicaux.
Le 21 janvier 2009, la Cour suprême autorise deux partis arabes à participer aux élections, invalidant une décision de la commission électorale qui les accusait de ne pas reconnaître le droit à l’existence d’Israël. Il s’agit du Rassemblement national démocratique (Balad), qui compte 3 députés et de la Liste arabe unifiée-Mouvement arabe pour le changement, qui compte 4 députés.
Quatre partis, dont trois de droite, se détachent largement, sans qu’aucun ne prenne une réelle avance sur ses rivaux : Kadima, formation de centre droit conduite par la ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni obtient 28 sièges (-1), le Likoud, grand parti de droite dirigé par l’ancien Premier ministre Benyamin Netanyahou, obtient 27 sièges (+15), Israël Beitenou du tribun nationaliste Avigdor Lieberman obtient 15 sièges (+4) et à gauche, le Parti travailliste du ministre de la Défense, Ehoud Barak obtient 13 sièges (-5).
Le Meretz (gauche) et les partis arabes bénéficient de 14 sièges, le Shass (orthodoxe sépharade) de 11 sièges (-1) et les autres partis religieux de 12 sièges.
Depuis la création de l’État en 1948, aucun parti n’a jamais remporté la majorité absolue des 61 sièges et le pays a toujours été gouverné par une coalition. Jusqu’en 1977, la politique israélienne a cependant été dominée par le Parti travailliste, fondateur de l’État. En 1977, la droite, unie au sein du Likoud, accède au pouvoir et le jeu politique s’articule pendant vingt ans entre ces deux formations. La création de Kadima, centre droit, par Ariel Sharon, puis la percée d’Israël Beitenou, nationaliste, d’Avigdor Lieberman, mettent désormais face à face quatre formations, dont les positions vis-à-vis de la question palestinienne sont souvent opposées.
Si le parti centriste Kadima arrive en tête, le Likoud après une forte progression le talonne et est en position favorable.
La percée du parti nationaliste Israël Beitenou (Israël notre maison) d’Avigdor Lieberman fait de celui-ci l’arbitre de la situation et il favorise la candidature de Benyamin Netanyahou.
Le parti travailliste enregistre un échec cinglant.
Benyamin Netanyahou, 60 ans, est chargé par le président Shimon Peres, le 20 février, de former le nouveau gouvernement. C’est un retour inattendu pour un ancien Premier ministre (de 1996 à 1999) qui a quitté il y a dix ans le pouvoir sans gloire.
Le parti travailliste refuse de participer au gouvernement tout comme le parti Kadima. Cependant le fait qu’Ehoud Barak ait malgré tout négocié avec Benyamin Netanyahou suscite de vives protestations au sein du parti. Les travaillistes finalement votent en faveur de l’alliance. Ce ralliement suscite la polémique car leur rôle semble marginal.
Le 16 mars, le Likoud conclut un accord de coalition avec Israël Beitenou. Ce parti obtiendra les Affaires étrangères, la Sécurité intérieure et les Infra- structures. Deux partis ultra-orthodoxes, le Shass et la Liste unifiée de la Torah et deux partis d’extrême droite, l’Union nationale et le Foyer juif devraient faire partie de la coalition. Le 21 mars un accord est conclu entre Benyamin Netanyahou et le Shass.
La coalition peut donc compter sur 69 députés dont 27 Likoud, 15 Israel Beitenou, 13 travaillistes, 11 Shass et 3 Habayit Hayehoudi (Foyer juif).
Le gouvernement obtient l’investiture de la Knesset le 31 mars par 69 voix contre 45. Avec 30 ministres dont plusieurs sans portefeuille et 7 vice- ministres, c’est le gouvernement le plus nombreux de l’histoire d’Israël. Ehoud Barak reste ministre de la Défense et les travaillistes ont quatre autres portefeuilles. Avigdor Lieberman est aux Affaires étrangères et essaie maintenant de rassurer l’opinion publique internationale. Eli Yishai, Shass, est ministre de l’Intérieur et Yuval Steinitz, Likoud, détient les Finances.
Le Parti des retraités d’Israël, qui avait obtenu 7 sièges en 2006, a fusionné plus tard avec le parti Kadima.

Pouvoirs n°129 - 1er octobre - 31 décembre 2008

26 ctobre 2008. Gouvernement. Le parti Kadima de Tzipi Livni et les travaillistes parviennent à un accord de principe pour un gouvernement ; l’obstacle restant encore l’attitude du parti Shass.
Le président Peres accorde un délai supplémentaire de deux semaines à Tzipi Livni pour former un gouvernement à la suite de la période initiale de 42 jours qui lui était assignée.
Le 26 octobre, Tzipi Livni reconnaît son incapacité à former un gouvernement, le parti religieux sépharade Shass ayant refusé les conditions posées par Tzipi Livni. En conséquence, les Israéliens vont devoir retourner aux urnes. Les élections auront lieu le 10 février.
En attendant, Tzipi Livni presse Ehoud Olmert de démissionner, ce qu’il refuse. L’attaque israélienne sur Gaza n’est certainement pas étrangère à cette situation.

Pouvoirs n°128 - 1er juillet - 30 septembre 2008

22 septembre 2008. Premier ministre. Outre les soupçons de corruption s’ajoutent maintenant ceux d’escroquerie. Le 11 juillet, Ehoud Olmert est soupçonné d’avoir escroqué l’État israélien dans une affaire de billets d’avion.
Le 30 juillet, il annonce sa décision de renoncer au pouvoir.
Tzipi Livni, ministre des Affaires étrangères, avocate, mère de deux enfants, ancienne attachée du Mossad à Paris, jouissant d’une forte réputation d’intégrité, est candidate, ainsi que Shaoul Mofaz, 60 ans, ancien chef d’état-major et ancien ministre de la Défense, ministre des Transports, général, partisan de la manière forte. Les chances de Meir Sheetrit, ministre de l’Intérieur, et d’Avi Dichter, ministre de la Sécurité intérieure, sont très réduites.
Le 8 septembre, la police recommande d’inculper le Premier ministre pour corruption.
Tzipi Livni est élue à la tête du parti Kadima et va donc devenir Premier ministre. Elle obtient avec 16 936 voix 43,1 % des suffrages, contre 16 505 (42 %) à Shaoul Mofaz. Il n’y a que 431 voix d’écart entre les deux candidats. Les deux autres candidats n’obtiennent que 8,5 % pour Meir Sheetrit et 6,5 % pour Avi Dichter. La participation, avec 53,7 %, a sans doute gêné Tzipi Livni car elle partait largement favorite dans les sondages. C’est la première femme à occuper ce poste depuis Golda Meir. Sa grande difficulté sera de former un gouvernement avec des partis qui ont l’habitude de faire monter les enchères.
Le chef du Likoud, Benyamin Netanyahou, demande des élections anticipées.
Ehoud Olmert annonce sa démission le 21 septembre. Le lendemain, Tzipi Livni est officiellement chargée de former le gouvernement.

Pouvoirs n°127 - 1er avril - 30 juin 2008

Avril-juin 2008. Golan. On évoque une négociation entre Israël et la Syrie permettant la restitution du Golan contre la paix, suite à une médiation turque.
Cela se confirme lorsque le ministre syrien des Affaires étrangères annonce à Manama le 21 mai qu’Israël s’est engagé à un retrait total du plateau du Golan. Le Likoud, les colons, le Parti travailliste et des membres de Kadima, parti du Premier ministre, critiquent l’opportunité de ces tractations et contestent la légitimité d’Ehoud Olmert empêtré dans des affaires de corruption.
Le 30 juin, la Knesset adopte en première lecture un projet de loi imposant un référendum ou une majorité des deux tiers afin d’entériner toute concession territoriale sur le Golan syrien annexé en 1981. 20 000 Israéliens vivent dans cette région aux côtés de 18 000 Druzes qui ont conservé leur nationalité syrienne.

2 mai 2008. Premier ministre. Ehoud Olmert est entendu pendant plus d’une heure par la police des fraudes israélienne. Il aurait perçu d’importantes sommes d’argent d’un homme d’affaires américain pour financer sa campagne électorale.
On apprend le 21 mai que le Premier ministre aurait reçu en espèces plus de 60 000 $ d’un homme d’affaires américain.
Ministre de la Défense et surtout leader du Parti travailliste, Ehoud Barak appelle le Premier ministre à démissionner. On parle beaucoup de la ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni pour le remplacer. Elle appelle à des primaires au sein de son parti.
Le 23 juin, le Parti travailliste décide de soutenir une motion de censure à l’encontre du Premier ministre. Mais un compromis intervient peu avant le vote de la motion. Ehoud Olmert accepte que son parti, Kadima, organise des primaires pour lui désigner un successeur d’ici au 25 septembre.

Pouvoirs n°126 - 1er janvier - 31 mars 2008

16 janvier 2008. Extrême droite. Opposé
aux négociations avec l’Autorité palestinienne,
Avigdor Lieberman, ministre
des Affaires stratégiques, ultranationaliste,
fondateur d’Israël Beitenou, parti
qui dispose de 11 députés sur 120, quitte
le gouvernement. Cela ne menace pas
l’existence de la coalition. Mais le parti
ultra-orthodoxe Shass menace aussi de
quitter le gouvernement s’il y avait des
négociations sur Jérusalem.