Pouvoirs, revue française d'études constitutionnelle et politiques

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Iran

Pouvoirs n°131 - 1er avril - 30 juin 2009

12 juin 2009. Élection présidentielle. Le président sortant Mahmoud Ahmadinejad, 52 ans, ingénieur, ancien maire de Téhéran, populiste, négationniste, soutenu par le Guide suprême Ali Khamenei, arrive officiellement largement en tête, dès le premier tour, avec 63 % des suffrages contre 33 % à Mir Hossein Moussavi, modéré, azéri, ancien chef de gouvernement de 1980 à 1988 puis ayant connu une longue éclipse politique, 67 ans, réformateur, qui a fait campagne avec sa femme Zahra Rahnavard, 64 ans, sculpteur, première femme à avoir été doyen de faculté, soutenu par Ali Akbar Hachemi Rafsandjani, président de l’Assemblée des experts, 1,7 % à Mohsen Rezaï, 54 ans, conservateur, ancien chef des Gardiens de la Révolution et 0,8 % à Mehdi Karoubi, 72 ans, religieux, ancien président du Parlement, déjà candidat en 2005, réformateur, Parti de la Confiance nationale.
Mohammad Khatami, ancien président de 1997 à 2005, réformateur, s’était retiré pour renforcer les chances de Mir Hossein Moussavi.
La participation est officiellement de plus de 85 %.
Ce résultat a été contesté par les partisans de Mir Hossein Moussavi, qui appelle à une annulation officielle du scrutin en s’adressant au Conseil des Gardiens de la Révolution.
Mohsen Rezaï affirme que dans certaines circonscriptions on a atteint 140 % de votants… Des retards ont été constatés dans la livraison des bulletins des opposants, les représentants de ceux-ci étaient absents dans 40 % des bureaux et le dépouillement a présenté nombre d’aspects suspects. 646 recours pour fraude ont été déposés auprès du Conseil des gardiens.

Élections iraniennes
Votants 39 165 191
Nuls 409 389
Suffrages exprimés 38 755 802
Candidat Voix  %
Mahmoud Ahmadinejad 24 567 516 62,6
Mir Hossein Moussavi 13 216 411 33,8
Mohsen Rezaï 678 240 1,7
Mehdi Karoubi 333 635 0,8

Celui-ci décide le 26 juin de créer une commission spéciale composée de personnalités politiques et de représentants des candidats pour présenter un rapport sur l’élection. Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi rejettent cette commission. Le 29 juin, le Conseil des gardiens de la Constitution confirme le résultat après recomptage partiel.
Pendant plusieurs jours, de grandes manifestations de rue ont été violemment réprimées par les forces de l’ordre et les Gardiens de la révolution, entraînant plusieurs dizaines de morts. Il y aurait plus de 2 000 arrestations. L’ayatollah Khamenei, Guide suprême, a vivement condamné ces manifestations et s’est félicité de la réélection du président sortant.
Ces manifestations font de nombreux morts dont, le 20 juin, Neda Agha-Soltan, jeune femme qui devient le symbole des victimes de la répression.
Les États-Unis adoptent une attitude prudente tandis que la Russie et la Chine soutiennent le président sortant. Pourtant, le 23 juin, le président Obama condamne « fermement » la répression. L’Iran met en cause le Royaume-Uni et expulse le correspondant de la Bbc. Le 27 juin, huit employés iraniens de l’ambassade britannique sont arrêtés mais cinq sont relâchés le 29.
Mir Hossein Moussavi demande le 23 juin une « commission vérité ».

Pouvoirs n°127 - 1er avril - 30 juin 2008

21 avril 2008. Femmes. Nasrin Afzali, journaliste et militante féministe, est condamnée à 6 mois de prison et 10 coups de fouet avec sursis pour « trouble à l’ordre public », étant accusée d’avoir participé à un rassemblement en mars 2007 devant un tribunal de Téhéran qui devait juger d’autres féministes. Elle a affirmé n’être là que pour couvrir le procès en tant que journaliste.
Le 16 juin, la police iranienne lance une campagne contre la « corruption sociale », visant notamment les femmes ne respectant pas le code vestimentaire.
Mais les femmes peuvent être aussi l’objet d’attentions particulières… En mai, le premier parc public (« Le paradis des mères ») réservé aux femmes est inauguré. Il permet aux femmes, une fois franchi l’entrée du parc, de s’abstraire du code vestimentaire de la charia.

14 mars et 25 avril 2008. Élections législatives. De nombreux candidats réformateurs sont rejetés par le Conseil des Gardiens de la Constitution aux mains des conservateurs. Au total, 2 000 candidats sont écartés sur 7 168 candidats, pour corruption, mauvaise réputation ou défaut de diplôme suffisant. Finalement 4 476 candidats sont autorisés.
Le Guide suprême appelle à la fin des querelles politiques internes.
Alors que l’ancien négociateur du nucléaire iranien Ali Larijani avait constitué sa propre liste pour concurrencer celle du Front uni, il rejoint la liste des conservateurs.
Ali Eshraghi, petit-fils de l’ayatollah Khomeiny, ingénieur, 39 ans, a posé sa candidature pour le parti réformateur Mosharekat. Celle-ci a été écartée le 23 janvier avant de figurer dans les 280 repêchés, grâce à l’influence de son cousin Hassan Khomeiny, gardien du mausolée de l’ayatollah, et de son beau-frère Mohammad Khatami, ancien président réformateur.
Au premier tour des élections, les conservateurs s’assurent une forte avance.
Au second tour, les conservateurs confirment leurs résultats et gagnent au total 42 sièges par rapport à 2004, ce qui leur donne 198 des 290 sièges. Les réformateurs gagnent 7 sièges, atteignant ainsi 46 députés, et les indépendants ont 69 élus.
La participation a été très faible : 25 %. 2 sièges ont été attribués au premier tour aux Arméniens, 1 aux catholiques chaldéens et assyriens, 1 aux juifs et 1 aux zoroastriens.

Pouvoirs n°126 - 1er janvier - 31 mars 2008

2 janvier 2008. Peine de mort. L’Iran
reste l’un des pays appliquant le plus la
peine de mort. Trois Iraniens présentés
comme des trafiquants de drogue sont
pendus à des grues à Qom le 2 janvier.
10 autres personnes sont exécutées
le même jour dont Raheleh Zamani,
27 ans, mère de deux jeunes enfants qui,
chassée du domicile familial par son
mari qui la trompait, avait tué ce dernier
à coups de barre de fer lors d’une
dispute. La famille de son époux avait
refusé le pardon.
Amnesty International, le 15 juin,
demande aux autorités iraniennes
d’abolir la peine de mort par lapidation.
9 femmes et 2 hommes sont en passe
d’être exécutés ainsi. Un moratoire de
décembre 2002 interdisait la lapidation
or il y a eu plusieurs cas en 2006 et 2007.
298 personnes ont été exécutées en 2007
contre 177 en 2006.
Le 29 janvier, un employé des douanes,
condamné à mort pour corruption
économique, est pendu. C’est déjà la
28e exécution de l’année.
Le 19 février, Yaghoub Mehrnahad,
accusé de liens avec des rebelles du
groupe Joundallah, organisation sunnite
autonomiste, est condamné à mort.

Janvier 2008. Guide suprême. Le Guide
suprême, l’ayatollah Ali Khamenei,
s’oppose au président Mahmoud Ahmadinejad
en ordonnant l’application
d’une loi prévoyant le ravitaillement
en gaz des villages reculés et affectés
par l’hiver très rigoureux.
Hassan Rohani, haut responsable
proche du Guide suprême, critique
violemment la politique étrangère du
président Ahmadinejad, affirmant que
l’Iran devrait s’entendre avec le reste
du monde.

Janvier 2008. Répression. À la veille des
élections, une vague d’arrestations est
opérée, touchant des opposants, des militantes
féministes et des étudiants. L’un
d’entre eux, Ebrahim Lotfollahi, kurde,
meurt en prison à Sanandaj le 15 janvier,
9 jours après son arrestation. Le gouvernement
affirme qu’il s’agit d’un suicide.
Le Département d’État américain
demande une enquête approfondie.
Un religieux réformateur Hadi Ghabel,
est condamné à 40 mois de prison notamment
pour activités contre la sécurité
nationale.

Février 2008. Parité. Les autorités décident
de fixer un quota pour assurer la
présence d’au moins 30 % d’étudiants
de chaque sexe. Depuis au moins cinq
ans, en raison des examens d’entrée à
l’université, plus de 60 % des reçus sont
des filles.

13 mars 2008. Homosexualité. La
ministre britannique de l’Intérieur,
Jacqui Smith, annonce son intention de
surseoir à l’expulsion d’un demandeur
d’asile iranien menacé de mort pour
son homosexualité, Mehdi Kazemi, qui
avait vu une première demande rejetée
en 2007. Il s’était enfui aux Pays-Bas
et avait formulé une nouvelle demande
au motif que son ami avait été arrêté et
pendu en Iran. Le 11 mars, le Conseil
d’État néerlandais l’avait débouté en
appel, les dispositions de l’Union européenne
ne permettant de formuler une
nouvelle demande que dans le pays où a
été formulée la première demande.

14 mars 2008. Élections législatives. De
nombreux candidats réformateurs sont
rejetés par le Conseil des Gardiens de
la Constitution aux mains des conservateurs.
Au total 2 000 candidats sont
écartés sur 7 168 pour corruption, mauvaise
réputation ou défaut de diplôme
suffisant.
Le Guide suprême appelle à la fin des
querelles politiques internes.
Alors que l’ancien négociateur du
nucléaire iranien Ali Larijani avait
constitué sa propre liste pour concurrencer
celle du Front uni, il rejoint la
liste des conservateurs.
Ali Eshraghi, petit-fils de l’ayatollah
Khomeiny, ingénieur, 39 ans, a posé
sa candidature pour le parti réformateur
Mosharekat. Celle-ci a été écartée
le 23 janvier avant de figurer dans les
280 repêchés, grâce à l’influence de son
cousin Hassan Khomeiny, gardien du
mausolée de l’ayatollah et de son beaufrère
Mohammad Khatami, ancien président
réformateur.
Les conservateurs conservent la
majorité.
Le second tour n’aura lieu que le
25 avril pour une soixantaine de sièges.
Mais cela ne modifiera pas les tendances
du Majlis.

Pouvoirs n°124 - 1er juillet - 30 septembre 2007

3 juillet 2007. Femmes. Delaram Ali est
condamnée par un tribunal de Téhéran
à dix coups de fouet et deux ans et dix
mois de prison pour avoir participé à
une manifestation pour l’égalité des
sexes en juin 2006. La police avait brutalement
dispersé la manifestation.

Juillet 2007. Presse. Principal quotidien
« indépendant » iranien, Shargh (Orient),
contraint de fermer en septembre 2006
pour une caricature jugée insultante du
président de la République, reparaît
depuis mai. Il est fermé à nouveau en
août pour avoir publié l’interview d’une
homosexuelle. Il avait été autorisé avec
Ham Mihan, autre journal d’opposition
fermé à nouveau le 3 juillet ainsi que
l’agence de presse proche des réformateurs,
Ilna. Le Conseil suprême de la
sécurité nationale iranien a publié une
circulaire de trois pages présentant les
sujets à ne pas aborder.

16 juillet 2007. Kurdes et peine de
mort
. Deux journalistes kurdes iraniens,
Abdolvahed Bohimar et Adnan
Hassanpour sont condamnés à mort
comme mohareb (ennemis de Dieu)
sans que les charges concrètes soient
précisées. Ils étaient collaborateurs de
Aso (Horizons), interdit en août 2005.
Le procès a eu lieu à huis clos et Adnan
Hassanpour aurait été reconnu coupable
d’« activités subversives contre la
sécurité nationale » et « d’espionnage »
notamment pour ses entretiens avec
des médias étrangers comme Voice of
America
. Il y a 6 millions de Kurdes en
Iran pour 71 millions d’habitants. Les
affrontements entre l’armée et le Pejak,
parti séparatiste kurde proche du PKK
turc, sont nombreux.