Pouvoirs, revue française d'études constitutionnelle et politiques

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Pouvoirs n°131 - 1er avril - 30 juin 2009

28 juin 2009. Élections législatives. 28 millions d’électeurs étaient appelés à renouveler la moitié de la Chambre des députés et le tiers du Sénat (pour les provinces de Chubut, Cordoba, Corrientes, La Pampa, Mendoza, Santa Fe et Tucuman). Le couple Kirchner subit un échec certain alors qu’il faisait de ce scrutin un plébiscite. Le parti de la présidente Cristina Kirchner, péroniste, dirigé par son mari Néstor Kirchner, ancien président de la République de 2003 à 2007, perd la majorité absolue dans les deux chambres et subit un échec dans les principales circonscriptions du pays (Buenos Aires, Santa Fe, Cordoba, Mendoza). Il perd même la province de Santa Cruz, province natale de Néstor Kirchner dont celui-ci fut trois fois gouverneur. L’opposition menée par l’alliance Union Pro à Buenos Aires et dans ses faubourgs, réunissant des péronistes dissidents, des libéraux proches du maire de Buenos Aires Mauricio Macri, et par l’Alliance civique et sociale (centre gauche) dans le reste du pays, recueille 70 % des voix contre 30 % pour le parti au pouvoir ; mais cette opposition est divisée entre péronistes ayant abandonné les Kirchner, sociaux-démocrates, socialistes et petits partis de gauche. Le couple Kirchner paie, entre autres, son intransigeance dans le conflit qui l’a opposé au monde rural sur la taxe sur les exportations de soja.
À Buenos Aires, la liste du parti péroniste était menée par l’ancien président Néstor Kirchner, époux de la présidente Cristina Kirchner, le gouverneur Daniel Scioli et l’actrice Nacha Guevara, qui a interprété Eva Peron, en troisième place. Le principal adversaire de Néstor Kirchner est un péroniste dissident, Francisco de Narvaez, milliardaire d’origine colombienne − ce qui l’empêchera d’être candidat à la présidence de la République −, soupçonné de liens avec les narcotrafiquants, incarnant le retour, au sein du parti péroniste dont il a été député en 2005, des idées néolibérales de l’ancien président Carlos Menem, au pouvoir de 1989 à 1999. Il s’est allié à l’ancien gouverneur Felipe Sola et à Mauricio Macri, maire de droite de la capitale. Néstor Kirchner, candidat à la députation avec 32,1 %, est battu par Francisco de Narvaez, qui recueille 34,5 %. Il annonce qu’il renonce à diriger le Parti justicialiste (péroniste).
Dans la province de Santa Fe, l’ancien champion automobile Carlos Reutemann est réélu sénateur péroniste contre les candidats pro-Kirchner. Il pourrait être candidat à la présidentielle de 2011.

Pouvoirs n°130 - 1er janvier - 31 mars 2009

27 février 2009. Droit pénal militaire. Mise en œuvre par la ministre de la Défense, Nilda Garré, avocate proche de la présidente Kirchner, une réforme vise la justice militaire. Les militaires qui commettront des délits en temps de paix ne seront plus jugés par leurs pairs, comme cela figurait dans l’ancien code militaire de 1951, mais par des tribunaux civils. La peine de mort est abolie et l’homosexualité n’est plus considérée comme un délit.

Pouvoirs n°125 - 1er octobre - 31 décembre 2007

23 octobre 2007. Ancien président.
L’ancien président Fernando de La
Rua, 70 ans, au pouvoir du 10 décembre
1999 au 21 décembre 2001, est mis en
examen pour sa responsabilité présumée
dans la mort de 5 manifestants
lors d’émeutes réprimées par la police
en décembre 2001. Il avait démissionné
à la suite de ces émeutes.

28 octobre 2007. Élections législatives
et présidentielle
. Cristina Fernández
de Kirchner, 54 ans, sénatrice, avocate,
épouse du président sortant Nestor
Kirchner, candidate peroniste, est
élue pour quatre ans avec 44,8 % des
suffrages, devançant largement Elisa
Carrió, 50 ans, ancienne professeure
de droit, chrétienne de centre gauche
à la tête de la Coalition civique, candidate
en 2003, ancienne membre du
parti radical, fondatrice de l’Alternative
pour une République d’égaux (ARI),
qui n’obtient que 23,13 % des voix,
et Roberto Lavagna, ancien ministre
de l’Économie, remercié par Nestor
Kirchner fin 2005. Le cinéaste Fernando
Solanas, 71 ans, Projet Sud (socialistes,
syndicalistes, centre gauche), PSA (Parti
socialiste authentique) n’arrive que cinquième
avec 1,6 % des voix.
Le 10 décembre, Cristina Fernández
de Kirchner entre en fonction avec Julio
Cobos comme vice-président. Certains
pensent que cela pourrait préparer un
retour de son mari en 2011. Celui-ci
était président depuis le 25 mai 2003.
C’est la première femme élue à la
présidence. Le 1er juillet 1974, Isabel
Martinez de Peron, troisième épouse
du général Juan Domingo Peron, avait
assumé la présidence à la mort de son
mari dont elle était la vice-présidente.
Suite au renouvellement de la moitié
(130) de la Chambre des députés, le
Front pour la victoire a désormais la
majorité absolue ; la Chambre compte
désormais 131 (+20) députés Front pour
la victoire-Parti justicialiste, 29 (-5)
Alliés Kirchner, 22 (+8) Affirmation
pour une République égalitaire-Coalition
civique [gauche], 10 (+5) Parti socialiste, 28 (-8) Union civique radicale, 5
(-6) UNA, 7 (+1) Justicialistes dissidents,
11 (=) PRO (Initiative républicaine d’alliance,
centre droit), et 19 autres (-15),
essentiellement des candidatures provinciales.
Il continue à dominer le Sénat
avec 45 sénateurs sur 72.
Les élections pour un tiers du Sénat
ont lieu dans les provinces de Buenos
Aires, Chaco, Cordoba, Entre Rios,
Neuquen, Rio Negro, Salta, Santiago del
Estero et Terre de Feu. Le Front pour la
victoire-Parti justicialiste domine également
le Sénat avec 41 (+1) sièges. Les
autres élus sont 7 (+3) Alliés Kirchner,
9 (-6) Union civique radicale, 5 (+4)
Coalition civique-Parti socialiste, 4 (=)
dissidents justicialistes et 6 (-2) autres,
essentiellement représentants de partis
provinciaux.

18 décembre 2007. Dictature. Pour la
première fois depuis l’annulation des lois
d’amnistie en 2005, un ancien chef de
l’armée de terre, Cristino Nicolaides,
absent du tribunal pour raisons de
santé, est condamné à vingt-cinq ans de
prison pour enlèvements et disparition
de 5 membres de la guérilla peroniste
des Montoneros pendant la dictature.
Un ex-policier est condamné à vingt ans
de prison.
Le 24 décembre, une juge italienne
lance des mandats d’arrêt contre 140
officiers sud-américains impliqués dans
le plan Condor. Ils sont soupçonnés de
complicité dans le meurtre de 25 Italiens
tués en Amérique latine.
300 civils et militaires attendent
d’être jugés. La mort suspecte de Hector
Febres, militaire de la préfecture navale,
le 10 décembre dans sa cellule d’un
centre de rétention de l’armée crée quelques
troubles. Le disparu jouissait de
conditions privilégiées de détention.