Pouvoirs, revue française d'études constitutionnelle et politiques

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Afrique du Sud

Pouvoirs n°131 - 1er avril - 30 juin 2009

22 avril 2009. Élections législatives et provinciales. L’African National Congress (anc) de Jacob Zuma, au pouvoir depuis 1994, l’emporte largement aux quatrièmes élections législatives de l’après-apartheid, confirmant sa position de parti dominant, avec 65,9 % des voix et 264 des 400 députés devant l’Alliance démocratique qui a 16,7 % et 67 députés, présidée par Helen Zille, maire du Cap, force d’opposition essentiellement de la minorité blanche, qui améliore sa position, avec près de la moitié des suffrages dans la province du Cap, et devant le Congrès du peuple avec 7,4 % et 30 élus, formé en décembre 2008 par des dissidents de l’anc dont le résultat est décevant. Le parti zoulou, l’ifp, de Mangosuthu Buthelezi, âgé de 80 ans, subit une lourde défaite avec seulement 4 % et 18 députés. Il est vrai que l’origine zouloue de Jacob Zuma a été un handicap pour l’ifp.
L’anc est en léger recul par rapport à 2004 et ne parvient pas à réunir la majorité des deux tiers.
Nkosi Mandla Mandela, 34 ans, petit-fils de Nelson Mandela et de sa première femme Evelyn Ntoko Mase, fils de Magkatho mort du sida en 2005, devenu chef traditionnel de Mvezo en 2007, est élu sous les couleurs de l’anc.
La participation a été de 77,3 % et le scrutin s’est déroulé dans le calme.
Le Parlement compte 43,50 % de femmes.
Les 400 députés sont élus à la représentation proportionnelle, 200 au niveau national et 200 au niveau provincial.

6 mai 2009. Élection présidentielle. Le président est élu par les 400 députés à la majorité simple et Jacob Zuma recueille 277 voix (sur les 327 suffrages exprimés) contre 47 à Mgr Mvume Dandala, 57 ans, évêque méthodiste, ancien chef de l’Église méthodiste sud-africaine, candidat du Congrès du peuple (Cope). Les 67 députés de l’Alliance démocratique se sont abstenus.
Suite aux élections législatives, l’élection de Jacob Zuma, 67 ans, leader de l’anc, n’a pas été une surprise. Élu pour 5 ans, il devient le quatrième président sud-africain, succédant à Kgalema Motlanthe, l’un de ses alliés, qui assurait une sorte d’intérim depuis l’éviction de Thabo Mbeki en septembre 2008.

Pouvoirs n°128 - 1er juillet - 30 septembre 2008

12, 21 et 23 septembre 2008. Jacob Zuma. Le procès de Jacob Zuma pour corruption s’ouvre devant le tribunal de Pietermaritzburg. Il est accusé d’avoir perçu en dix ans 782 pots-de-vin pour un total de plus de 4 millions de rands (350 000 ). Le procès est suspendu et ajourné au 12 septembre. Le tribunal accepte la requête en non-lieu de la défense. Il a désormais les mains libres pour conquérir la présidence en 2009. Mais, le 17 septembre, le procureur fait appel du non-lieu.
Malgré tout, ce non-lieu permet à Jacob Zuma de précipiter les choses en contraignant Thabo Mbeki, 66 ans, qui avait succédé le 16 juin 1999 à Nelson Mandela, à démissionner. Deux possibilités étaient envisageables. Soit une partie importante de l’African National Congress (Anc) se prononçait en faveur d’une démission, soit le président était démis par un vote des deux tiers des députés entraînant des élections anticipées. Le comité exécutif de l’Anc se réunit le 19 septembre. Le président Mbeki est contraint à la démission le 21 septembre.
Cette démission est l’épilogue d’une crise commencée en 2005 opposant, au sein de l’ancien mouvement de libération qui dirige l’Afrique du Sud depuis la fin de l’apartheid, Thabo Mbeki à son vice-président Jacob Zuma qui avait été alors limogé. Soutenu par le parti communiste et la puissante centrale syndicale Cosatu (Convention of South African Trade Unions), ce dernier a réussi en décembre 2007 à implanter ses partisans à tous les postes des instances dirigeantes de l’Anc et conquérir la tête du parti.
La vice-présidente Phumzile Mlambo-Ngcuka quitte aussi ses fonctions, ainsi que 10 ministres sur 29. Le Parlement élit un nouveau chef de l’État, ne pouvant élire Jacob Zuma car il n’est pas député.
L’Anc désigne le 22 septembre son vice-président, Kgalema Motlanthe, proche de Jacob Zuma, ancien syndicaliste, 59 ans, emprisonné pendant dix ans avec Nelson Mandela, pour succéder à Thabo Mbeki jusqu’en avril 2009. Le 23 septembre, le Parlement décide que la démission de Thabo Mbeki sera effective le 25 septembre. Ce jour-là Kgalema Motlanthe est élu par l’Assemblée nationale par 269 voix sur 360. Le président Mbeki entend réagir, notamment en saisissant la Cour constitutionnelle.

Pouvoirs n°124 - 1er juillet – 30 septembre 2007

17 août 2007. Ministre et apartheid.
Ministre de la Loi et de l’Ordre dans les
dernières années du régime d’apartheid,
Adrian Volk, 67 ans, est jugé à Pretoria
avec quatre autres personnes pour avoir
tenté en 1989 d’empoisonner le révérend
Chikane, secrétaire général d’une
organisation anti-apartheid. Adrian Volk
avait déjà comparu devant la commission
Vérité et Réconciliation, mais
n’avait pas demandé l’amnistie pour ces
faits. Cependant, en septembre 2006, il
avait reconnu cette tentative d’assassinat
et demandé pardon au révérend
Chikane, aujourd’hui proche conseiller
du président Mbeki.
C’est le premier procès contre des
personnes qui n’avaient pas pu ou pas
souhaité bénéfi cier d’une amnistie dans
le cadre de la commission.
Il est condamné à dix ans de prison
avec sursis dans le cadre d’un accord
de « plaider coupable » avec l’État. Le
verdict est bien léger mais le révérend
Chikane avait pardonné à celui qui avait
voulu le tuer.